Municipales 2026 : quand des écologistes quittent leur camp pour rejoindre LFI

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, plusieurs responsables écologistes dans des grandes villes comme Paris, Marseille, Montpellier, Nantes ou Avignon ont annoncé qu’ils allaient quitter leur parti pour rejoindre les listes de La France insoumise (LFI), dirigées localement des figures comme Sophia Chikirou à Paris. Cette décision est motivée de fortes désaccords sur les alliances électorales et met en lumière les divisions internes à Europe Écologie-Les Verts (EELV).

Un désaccord sur la stratégie d’alliance

Le cœur du conflit réside dans la stratégie nationale du parti écologiste, qui a favorisé des alliances avec le Parti socialiste (PS) dans de nombreuses villes. Pour ces élus dissidents, cette orientation transforme EELV en « béquille » de la social-démocratie, excluant volontairement LFI de toute coopération. Ils dénoncent ainsi une stratégie qu’ils jugent trop modérée et peu tournée vers une écologie politique radicale.

LFI : une opportunité politique… et stratégique

Chez La France insoumise, ces ralliements sont bien accueillis. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon y voit une chance de renforcer son influence face au PS et de se positionner comme la force principale de gauche radicale sur les enjeux municipaux. Dans plusieurs villes, des places sur les listes LFI ont été réservées à ces nouveaux soutiens écologistes, illustrant cette volonté d’ouverture tout en intégrant certains de leurs projets (comme la transformation du périphérique à Paris).

Une crise interne chez les Verts

Le départ de ces cadres écologistes augure d’une fracture profonde au sein d’EELV entre deux tendances :

  • Les « réalos », favorables à des alliances plus larges avec le PS et d’autres forces de gauche.
  • Les écologistes plus radicaux, qui se retrouvent aujourd’hui à converger avec LFI sur une ligne plus combative face au système politique traditionnel.

Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, a tenté de contenir cette crise en donnant un ultimatum aux élus dissidents : retirer leur soutien à une tribune critique publiée sur Mediapart ou être suspendus du parti et perdre la possibilité de se présenter sous ses couleurs. Cette réponse illustre les difficultés rencontrées la direction des Verts pour maintenir l’unité interne alors même que se profilent des échéances électorales décisives.

Ce que cela signifie pour la gauche

Plus largement, ces ralliements montrent à quel point la recomposition de la gauche française est en cours, avec des tensions persistantes entre les différentes familles (écologistes, socialistes, insoumis) sur la meilleure manière de faire alliance face aux défis politiques actuels. Le débat autour de ces stratégies pourrait encore s’intensifier à mesure que la présidentielle de 2027 approche.

© Mathieu Genon / Reporterre

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