À Le Havre (Seine-Maritime), Édouard Philippe, maire de la ville portuaire depuis 2010, a officiellement lancé sa campagne pour un nouveau mandat à l’occasion des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Cette candidature intervient dans un contexte politique où le scrutin local est jugé décisif non seulement pour la gestion de la ville, mais aussi pour ses ambitions politiques nationales.
Un rituel politique alterné et une candidature sans surprise
Philippe, qui dirige la municipalité havraise depuis plus de quinze ans, a annoncé le 28 janvier 2026 sa décision de se représenter lors d’une réunion publique tenue dans la petite salle des fêtes François-Ier — un lieu qu’il a choisi à plusieurs reprises tradition personnelle. Il ne s’agit pas d’une surprise : le maire sortant, âgé de 55 ans, avait déjà fait connaître son intention de briguer un nouveau mandat depuis plusieurs mois.
Sa candidature s’inscrit non seulement dans la continuité de son action locale, mais aussi dans une logique stratégique plus large : Philippe considère la mairie du Havre comme un point d’ancrage essentiel avant de se projeter vers l’élection présidentielle de 2027. Une réélection en mars prochain est perçue lui et ses soutiens comme un tremplin pour sa candidature nationale ; en revanche, une défaite pourrait mettre un coup d’arrêt à cette ambition.
Un enjeu municipal et national imbriqué
Ancien Premier ministre (2017-2020) sous la présidence d’Emmanuel Macron, Philippe a fait de la mairie du Havre un élément central de sa trajectoire politique. Il met en avant son bilan local, son ancrage territorial et son expérience municipale comme arguments majeurs pour solliciter le renouvellement de la confiance des Havrais.
Les enjeux de cette campagne dépassent toutefois le cadre strictement municipal : plusieurs de ses adversaires estiment que la gestion de Philippe au Havre est affectée son ambition présidentielle et son double engagement. Parmi eux, la principale liste d’opposition de gauche mise sur ce « double rôle » pour faire vaciller son leadership local, arguant que l’usure du pouvoir pourrait jouer contre le maire sortant après plus de quinze ans à la tête de la ville.
Un paysage électoral ouvert
L’élection 2026 au Havre se déroule dans un contexte plus fragmenté qu’en 2020 : plusieurs listes se présentent, représentant différents courants politiques, ce qui pourrait conduire à une configuration de second tour plus complexe qu’à l’accoutumée. Outre la candidature d’Édouard Philippe, on compte notamment :
- une liste d’union de la gauche conduite le député Jean-Paul Lecoq (PCF et alliés) ;
- une liste portée La France insoumise, avec Charlotte Boulogne comme tête de liste ;
- une liste commune entre des forces de droite et du Rassemblement national menée Franck Keller ;
- une liste citoyenne menée Sophie Zarifian.
Ce pluralisme des candidatures rend le premier tour particulièrement incertain, laissant la possibilité d’une triangulaire au second tour, un scénario qui n’était pas toujours envisagé auparavant à la mairie du Havre.
Un scrutin doublement stratégique
Pour Édouard Philippe, les municipales de 2026 à Le Havre sont à la fois un référendum local sur sa gestion municipale et un test politique avant une échéance nationale. Portée la volonté de conforter son ancrage territorial, sa campagne se déroule dans un paysage politique plus concurrentiel qu’il y a six ans. La capacité à mobiliser au premier tour et à rassembler au second sera déterminante, tant pour l’avenir de la gouvernance municipale du Havre que pour les ambitions présidentielles qu’il affiche.
Crédit PHOTO – ©RTL









