À Toulouse, quatrième commune de France (avec plus de 500 000 habitants), la campagne des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 s’est installée dans une dynamique compétitive autour de deux principaux profils : Jean-Luc Moudenc, maire sortant, et François Briançon, tête de la liste d’union de la gauche. Cette confrontation illustre un enjeu politique majeur dans une ville où les équilibres électoraux se sont resserrés depuis 2020.
Jean-Luc Moudenc : un maire sortant en quête d’un troisième mandat
Jean-Luc Moudenc, 65 ans, est le maire sortant de Toulouse. Il a été élu pour la première fois en 2004, puis de nouveau en 2014 et 2020. Il a annoncé officiellement sa candidature à un nouveau mandat en novembre 2025, affirmant vouloir solliciter à nouveau la confiance des Toulousains. Dans sa communication, il met en avant un bilan qu’il juge solide et place la sécurité au cœur de ses priorités pour la prochaine mandature, avec notamment l’objectif de généraliser la vidéoprotection dans toutes les rues de la ville. Il a aussi souligné les projets d’infrastructures en cours, comme la troisième ligne de métro, qu’il présente comme une réalisation tangible de son action municipale.
Sur le plan politique, Moudenc s’était historiquement affilié aux Républicains avant de quitter le parti en 2022. Pour ce scrutin, il bénéficie du soutien de plusieurs formations de centre droit et de la majorité présidentielle, comme Renaissance et Horizons, ce qui lui permet de rassembler une large coalition autour de sa candidature. Sa liste complète pour les municipales a été dévoilée fin 2025, avec une part importante de nouveaux colistiers comparée à 2020, ce qui vise à marquer un renouvellement au sein de son équipe.
François Briançon : l’union de la gauche contre le maire sortant
Face à Moudenc, François Briançon, socialiste, conduit une liste d’union de la gauche réunissant le Parti socialiste, les Écologistes, et plusieurs autres formations et mouvements progressistes sous la bannière de “La Gauche Unie”. L’alliance a été officialisée dans la seconde moitié de 2025, avec l’objectif explicite de défier directement le maire sortant pour remporter le Capitole.
Dans ses prises de parole, Briançon affirme que Toulouse est à un tournant politique et que les Toulousains attendent une alternative à la gestion de Moudenc. Son projet met l’accent sur des sujets tels que le logement, les mobilités (RER, tram, bus), la jeunesse et la culture, et il insiste sur la concertation avec les habitants comme méthode de gouvernance.
L’alliance de la gauche hors LFI autour de Briançon (à laquelle ont adhéré des écologistes et des forces sociales-démocrates) a permis de structurer une opposition plus large qu’en 2020 et de renforcer la visibilité de cette candidature sur l’ensemble de l’échiquier municipal.
Le contexte électoral et les intentions de vote
Plusieurs sondages donnent une photographie actuelle des intentions de vote à Toulouse pour les municipales 2026. Un sondage réalisé en novembre 2025 place Jean-Luc Moudenc en tête au premier tour avec environ 33 % des voix, suivi la liste de François Briançon à environ 30 %, puis une troisième liste portée François Piquemal (La France Insoumise) autour de 23 % et une liste Rassemblement national autour de 10 % ; cette configuration reflète une compétition serrée à gauche et à droite.
L’enquête suggère également que l’issue du second tour dépendra largement de la capacité des différents camps à s’unir ou à maintenir leurs listes au-delà du premier tour. Si la gauche parvient à s’unir autour d’un projet commun entre Briançon et d’autres listes de gauche, elle pourrait remporter une majorité au second tour face à Moudenc. En revanche, une fragmentation des listes de gauche pourrait avantager le maire sortant.
Points d’enjeu et lignes de clivage
Dans cette bataille pour la mairie de Toulouse, plusieurs thèmes clés structurent le débat :
- Sécurité et tranquillité : Moudenc met en avant ses équipements de surveillance et ses politiques de sécurité devant ses adversaires.
- Urbanisme et mobilités : La gestion des transports publics et les projets d’investissements (métro, RER, téléphérique) sont un terrain de confrontation entre les deux camps.
- Logement : Briançon propose une politique axée sur le droit au logement opposé à la « spéculation », mettant en cause la politique municipale actuelle sur l’accessibilité du logement.
- Méthodes de gouvernance : L’opposition de gauche critique ce qu’elle perçoit comme un manque de concertation, tandis que Moudenc met en avant la continuité de sa gestion et l’expérience acquise depuis plusieurs mandats.
Perspectives à quelques semaines du scrutin
À moins de deux mois du premier tour, la campagne toulousaine est entrée dans une phase décisive. Les intentions de vote serrées et les alliances en construction laissent entrevoir une élection ouverte, où chaque voix et chaque stratégie d’alliance compteront pour définir l’orientation politique de Toulouse pour les six prochaines années.
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