À l’approche des élections municipales de mars 2026, la campagne marseillaise se structure autour d’enjeux majeurs, au premier rang desquels la sécurité et la lutte contre le narcotrafic. L’annonce de l’intégration du militant Amine Kessaci à la liste du maire sortant Benoît Payan marque une étape importante dans une compétition électorale particulièrement disputée.
Une annonce à forte portée symbolique
C’est dans les quartiers nord de Marseille qu’Amine Kessaci a officialisé son engagement politique aux côtés de Benoît Payan. Âgé de 22 ans, ce militant écologiste s’est fait connaître son combat contre le narcotrafic, une lutte profondément ancrée dans son parcours personnel, marqué des drames familiaux liés à la violence des réseaux criminels.
En rejoignant la liste du maire sortant, issu de la gauche municipale, Kessaci affirme vouloir porter ce combat au sein de l’institution municipale. « Je veux que la lutte contre le narcotrafic devienne une priorité politique durable et structurée », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’agir à la fois sur les causes sociales et sur les mécanismes de la criminalité organisée.
Pour Benoît Payan, cette arrivée constitue un signal fort. Elle permet de mettre en avant une approche de la sécurité qui ne se limite pas à l’augmentation des effectifs ou à la répression, mais qui inclut des politiques publiques de long terme en matière d’éducation, de logement et de prévention.
Une campagne municipale sous haute tension
Les élections municipales de 2026 s’annoncent particulièrement ouvertes à Marseille. Le maire sortant, élu en 2020 à la tête d’une coalition de gauche rassemblée autour du Printemps marseillais, fait face à une opposition structurée. À droite et au centre-droit, plusieurs responsables locaux entendent capitaliser sur les critiques liées à l’insécurité et à la gestion urbaine. De son côté, le Rassemblement national place la question de l’ordre public au cœur de son discours, cherchant à s’imposer comme une alternative crédible dans une ville confrontée à des violences récurrentes.
Dans ce contexte, le ralliement d’Amine Kessaci intervient comme un élément de clarification stratégique. Il permet à Benoît Payan de montrer que la gauche municipale ne déserte pas le terrain sécuritaire, tout en refusant une approche exclusivement répressive souvent associée aux discours de droite ou d’extrême droite.
Sécurité et narcotrafic : un enjeu central du scrutin
La question du narcotrafic occupe une place centrale dans le débat public marseillais. La ville est régulièrement confrontée à des règlements de comptes, à l’implantation durable de réseaux criminels et à une insécurité ressentie une partie importante de la population. Ces phénomènes interrogent directement les compétences municipales, même si la sécurité relève aussi de l’État et du ministère de l’Intérieur.
Amine Kessaci défend une approche transversale : renforcer la coopération entre la municipalité, la préfecture et la justice, tout en développant des politiques locales capables de réduire l’attractivité économique des réseaux criminels. Cette vision rejoint, en partie, la ligne défendue Benoît Payan depuis le début de son mandat, notamment à travers des investissements dans les équipements publics et les services municipaux des quartiers populaires.
Des équilibres fragiles à gauche
Si ce ralliement renforce la liste du maire sortant, il met aussi en lumière les équilibres complexes au sein de la gauche marseillaise. Certaines sensibilités, notamment issues de la gauche radicale, restent critiques à l’égard de la gestion municipale actuelle et pourraient présenter des listes concurrentes au premier tour. Dans un scrutin où le mode de vote accorde une prime majoritaire, la dispersion des voix à gauche constitue un risque réel.
L’intégration de profils issus de la société civile, comme Amine Kessaci, apparaît ainsi comme une tentative d’élargir la base électorale du maire sortant, au-delà des clivages partisans traditionnels.
Mise en perspective politique
Au-delà de Marseille, cette séquence s’inscrit dans un contexte national où la question de la sécurité s’impose comme un thème majeur des débats politiques, y compris à gauche. Elle illustre une évolution du discours municipal, contraint de répondre à des attentes fortes des citoyens sans renoncer à une approche équilibrée entre prévention, action sociale et autorité publique.
Un signal fort à quelques semaines du scrutin
À moins de deux mois du premier tour, le ralliement d’Amine Kessaci à la liste de Benoît Payan redessine partiellement les lignes de la campagne municipale marseillaise. Il confirme que la lutte contre le narcotrafic et la sécurité seront au cœur du choix des électeurs, tout en posant la question des moyens et des orientations politiques à privilégier.
Reste à savoir si cette stratégie permettra au maire sortant de consolider son socle électoral et de rassembler suffisamment largement pour l’emporter dans une élection qui s’annonce serrée et déterminante pour l’avenir politique de la deuxième ville de France.
Crédit photo : ©Philippe LAURENSON









